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28.01.2008

Pourquoi la nouvelle économie ne peut être évitée ?

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Ou le come back de l'économie 2.0 avec de vrais modèles économiques !!!

La mondialisation se caractérise par la réduction ou l'élimination des frontières. Les idées, l'argent, les produits et services circulent assez librement sur la planète dans le cadre du processus de dérégulation du commerce mondial. Un des effets les plus visibles est le développement de l'hyperconcurrence, une déflation des coûts de production et une course à la concentration. Au niveau macro-économique cela signifie un déplacement de la croissance sur d'autres zones économiques telle que l'Asie du sud-est. Une guerre économique est clairement ouverte mais avec de nombreuses nations concurrentes où tous les coups sont permis.
Mais c'est avec l'explosion des NTIC [Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication] que la mondialisation prend son véritable élan puisqu'elles rendent possible la réalisation d'un village mondial économique et sociétal. Le « terrain de jeu » d'une entreprise n'est plus une ville mais le monde car avec les NTIC vous êtes partout chez vous.
Dans un tel contexte, la solution pour les nations les plus développées et leurs entreprises ne peut pas être une course effrénée à la productivité et au « régime minceur » car une stratégie reposant sur la réduction des coûts ne peut pas garantir la survie. La voie n'est pas de gaspiller des ressources dans des luttes frontales mais plutôt de construire une stratégie de croissance fondée sur le savoir, le service et l'innovation. Si dans le passé la création de richesses passait par la maîtrise d'usines et le contrôle de matières premières, la nouvelle ère sera fondée sur l’économie de l'immatériel.
La mutation est déjà largement engagée sur tous les fronts et dès à présent visible :
1. On encapsule de plus en plus du "service" dans les biens physiques. Dans de nombreux secteurs d'activité [automobile, GSM, …] on ne vous vend plus un bien mais un service global avec de nombreuses prestations périphériques [assistance, centres d'appel, assurance, financement, …]. Les caractéristiques extérieures ont plus d'importance que le produit lui-même.
2. La prestation de service n'est plus considérée comme un acte de vente isolé mais comme un continuum de phases critiques où vous devez fournir de la confiance à votre client, prendre en charge ses problèmes et lui apporter toutes les informations qu'il juge nécessaire. C'est un processus qui se construit dans la durée dans lequel la prestation fait partie d'un tout.
3. Les services proposés par la Net Economie se multiplient à une vitesse exponentielle que cela soit en direction des entreprises que des particuliers. On peut aussi bien acheter de l'information [journaux, études, musique, …], de l'expertise [diagnostic par ex.], du service, etc… Mais à ce jour, la cartographie des prestations est à peine esquissée.
La « Nouvelle Economie », enfant naturel de la mondialisation et de l'explosion des NTIC ouvre donc une ère de développement. Les entreprises vont et doivent adopter de nouveaux modes organisationnels en harmonie avec une stratégie de croissance fondée sur le savoir.
Nous pouvons vous donner - en avant-première - quelques repères pour vous orienter dans cette économie différente :
5 moteurs des activités commerciales futures,
6 sources d'avantages concurrentiels [durables] pour le futur,
3 tendances organisationnelles,
5 transformations en profondeur des chaînes de valeur et des secteurs activés par la Net économie.

5 moteurs des activités commerciales futures
1. La qualité est maintenant la condition basique minimum de toute activité : les produits et services livrés doivent être impeccables, la qualité s'appliquant bien entendu à tous les stades de la relation client. Bien sûr cette excellence doit être réalisée au moindre coût par rapport aux concurrents.
2. La vitesse : tout doit aller plus vite, du délai de conception d'un produit à la vitesse d'acheminement d'un produit jusqu'à la rotation des stocks. Les cycles de vie des produits et services sont de plus en plus court. L'entreprise doit être réactive et vivre en accéléré de façon permanente.
3. L'innovation : sur des marchés où la banalisation existe vous devez améliorer en permanence vos produits et services. Il faut trouver de nouvelles idées, sortir souvent des produits encore plus innovants et ainsi avoir un leadership sur le plan des produits et services. Il est vital de pouvoir se différencier en permanence par rapport aux autres concurrents. Cela peut signifier déclencher de façon prématurée l'obsolence des produits de l'entreprise si cela est nécessité par le marché.
4. La personnalisation : les consommateurs veulent des produits et services adaptés à leurs besoins spécifiques sans payer un surcoût majeur par rapport à une production de masse.
5. La communication : l'abondance des offres implique la maîtrise du "faire savoir" afin de pouvoir être identifié par les prospects ce qui signifie en amont des études de marché ciblées.

6 sources d'avantages concurrentiels [durables] pour le futur
1. La maîtrise d’un portefeuille de clients, une gestion anticipée de leurs attentes, la capacité à apporter des réponses rapides à leurs besoins plus que de leur proposer une offre, bref une écoute permanente des clients. Il s'agit donc d'établir des liens plus étroits avec le client que ne le fait le concurrent et de l'intégrer plus intensément dans le processus de l'entreprise.
2. La compétence du personnel. Dans une économie de services et d’innovation l’offre des entreprises devient de plus en plus une offre de compétences et elles résident bien évidemment dans les savoir-faire et les connaissances du personnel. Les pratiques de gestion des ressources humaines s’en trouvent modifiées et se rapprochent plus du marketing : comment attirer, développer, retenir mon personnel. Alors que le management du XXème siècle a été dominé par le thème de la productivité des travailleurs dans les systèmes de production, le XXIème siècle sera sous le signe de la productivité des « travailleurs de la connaissance ».
3. L’adaptabilité. Cette alliance de vitesse, de réactivité, et de flexibilité, sera obtenue par des entreprises qui auront développé en leur sein comme avec l’extérieur un fonctionnement en réseau et qui s’appuieront sur des partenaires pour bénéficier des effets d’échelle tout en se concentrant sur leurs activités et savoir-faire principaux.
4. L’intégration de la virtualité dans la stratégie de l'entreprise par une utilisation optimale de l’Internet. Cette dernière doit atteindre un haut niveau de connectivité grâce aux systèmes communicants tels que les grands progiciels de gestion intégrés [ERP].
5. La détermination de faire partie du clan des leaders, tribu limitée à 3 ou 4 opérateurs pour un segment donné. Une entreprise leader, par un effet d’imitation par des entreprises concurrentes, modifie l’ensemble des performances de son domaine d’activité. La position de leader n’est donc pas forcément liée à la taille de l’entreprise.
6. Le manager doit être un « guideur » d’hommes. Il doit développer une vision claire, unique et ambitieuse puis accompagner le changement et constituer le portefeuille de compétences nécessaires. Le postulat de départ qui sous-tend ce management est que les employés désirent bien accomplir leur travail et tirent une fierté de leur entreprise. Le dirigeant est là pour encourager ses « employés-partenaires » à fournir de la valeur au mieux de leurs capacités ce qui signifie générer de la confiance partout dans l'entreprise.

3 tendances organisationnelles
1. Des processus internes plus fondés sur le partage des connaissances, une communication interne renforcée tant horizontale que verticale et le développement de systèmes d’information communs à l’ensemble de l’entreprise. L'entreprise est décloisonnée, transversale.
2. Des périmètres d’entreprises plus évolutifs avec le recours accru à des alliances stratégiques et à la sous-traitance, avec un recentrage sur les cœurs de compétences et de métiers.
3. Des structures organisationnelles moins hiérarchiques, une plus grande décentralisation des décisions et un renforcement des modes d’organisation par projets ou processus. Les entreprises fonctionnent davantage comme des systèmes souples et organiques que comme des structures rigides et artificielles. Dans cette perspective les organigrammes pyramidaux avec un nombre d'étages excessif seront exception.

5 transformations en profondeur des chaînes de valeur et des secteurs activité par la e-économie
1. Le commerce électronique transforme les circuits de distribution car il permet un contact direct, individualisé et en temps réel avec les clients. C'est le développement du B to B par excellence.
2. Les entreprises vont de plus en plus se concentrer sur des compétences clés et confier de nombreuses fonctions à des partenaires ou des sous-traitants. Les processus sont répartis en communautés d’entreprises et le meilleur positionnement devient celui du nœud de réseaux avec une très faible intégration verticale.
3. Les secteurs d’activités ayant des compétences proches vont converger. On assiste déjà à de tels mouvements entre le secteur de la distribution et celui des services financiers qu’ils soient bancaires ou d’assurance, dans les secteurs de l’informatique, des télécommunications et des médias, ou encore dans les services de transport et le tourisme.
4. La chaîne de valeur de l’entreprise, par la connexion électronique des réseaux de fournisseurs et de clients va se modifier. La demande et l’offre sont gérées simultanément et en temps réel. Mais cela conduira notamment à une communication plus transparente des marges, …
5. Enfin la désintermédiation va redistribuer les cartes entre distributeurs, producteurs, financiers, transporteurs, … Les producteurs peuvent organiser des circuits de vente directe sans passer par les exigences des réseaux commerciaux en place et ainsi offrir des produits et services à des coûts moindres.

En résumé les entreprises vont devoir ouvrir de nombreux chantiers [management, stratégie, marketing, ressources humaines, NTIC] pour gérer leur transition dans la Nouvelle Economie. Dans beaucoup de cas, les solutions ne sont pas connues et la priorité est avant tout de développer une agilité suffisante pour évoluer très rapidement et s'adapter en permanence à un environnement mouvant.

[Source : ouvrage : Portrait de la Nouvelle Economie du Congrès de l’Ordre des Experts-comptables et de la CNCC – Paris 2000 – Ambition 2010 – rduringer@cs.experts-comptables.org ]

Commentaires

Merci pour cette belle présentation des perspectives du Grand Marché Mondial. Mais quid de l'homme dans tout celà ? Et notamment de l'africain : 50% des ressources mondiales pour 1,5% des déplacements des individus sur la planète. La banane et l'uranium voyagent sans visa hors de l'Afrique, mais quid des producteurs ? Je ne parle évidemment pas des patrons européens, américains ou chinois. Pour une fois la France est en tête ... de cette politique.

Ecrit par : chayr | 28.01.2008